
Vincent Peillon a apporté un nouveau chapitre à la fameuse saga de la "politique de la chaise vide". Rappelons les faits pour ceux qui se sont tenus à l'écart de l'actualité : il était attendu sur France 2 pour un débat avec Eric Besson sur la question de l'identité nationale. L'émission était animée par Arlette Chabot qui a eu la surprise de découvrir, en direct, que Vincent Peillon avait finalement décidé de ne pas venir, en signe de désaccord avec ledit débat. Il a par la suite précisé que son absence de dernière
minute (et même d'après la dernière minute) était préparée.
minute (et même d'après la dernière minute) était préparée.
Il s'inscrit ainsi dans une longue lignée de prestigieux prédécesseurs puisqu'elle compte au moins deux présidents de la République Française. Afin d'y voir un peu plus clair, nous avons donc décidé de créer un TOP Politiques de la chaise vide, que vous pouvez non seulement consulter mais aussi commenter, illustrer, modifier et compléter, pas moins, sur Rankmill.com.
A la lecture de ce classement on s'aperçoit que si le principe de cette politique est simple - ne pas être présent - alors que vous êtes attendus, pour un débat ou une négociation, son art est tout d'exécution et se décline selon plusieurs modèles.
Modèle 1 : "A la de Gaulle".
C'est le plus clair et le plus courtois. Le plus ancien aussi : il a donné son nom à cette politique. En 1965, suite à des désaccords sur la Politique Agricole Commune, le générale de Gaulle refuse d'envoyer un réprésentant au Conseil des ministres européens. Ils se dérouleront donc sans la France jusque fin 1966. Temps 1 : je dis que je ne viens pas. Temps 2 : je ne viens pas. Conclusion : chaise vide. Rude mais propre. A tout seigneur... , le général de Gaulle étant le créateur de cette politique c'est notre incontestable #1.
Modèle 2 : "Je m'emporte".
C'est le modèle le plus courant. Un participant assiste au début de la réunion, de l'émission, puis outré par ce qu'il entend s'en va brusquement laissant tout le monde en plan. Maurice Clavel, écrivain et journaliste, quitte ainsi un plateau en 1971, quand il réalise que son reportage a été caviardé. Il part après avoir prononcé un retentissant "messieurs les censeurs, Bonsoir!", devenu fameux depuis. C'est donc notre logique #2. On trouve aussi dans cette catégorie nos #4 - Nicolas Sarkozy - et #6 - Jacques Attali - : départs précipités suite à des questions qu'ils jugent déplacées ou idiotes.
Temps 1 : je dis que je viens. Temps 2 : je viens . Temps 3 : tout m'énerve, je disparais, je ne suis plus là. Conclusion : chaise vide.
Modèle 3 : " Je m'emporte, mais c'est pas pour de vrai". Variante du modèle 2.
Le déroulé est rigoureusement identique, mais le départ est planifié. La difficulté consiste a bien choisir son moment, sinon personne ne comprend. C'est par exemple le cas, en 2009, des représentants des Etats-Unis, de la France, de l'Italie et d'autres pays européens, pendant le discours du président Ahmadinejad à la conférence Durban 2 organisée par l'Onu. Ils avaient prévus de partir au premier dérapage du président iranien mais un manque de coordination élémentaire entre les protagonistes fait qu'ils sont partis au fur et à mesure et non d'un coup d'un seul. L'effet est moindre, c'est notre #3.
Temps 1 : je dis que je viens. Temps 2 : je viens . Temps 3 : j'attends un élément qui justifie mon départ, il se produit, je disparais, je ne suis plus là. Conclusion : chaise vide.
Modèle 4 : "Les aléas de la vie".
C'est le plus triste car il résulte d'élément tout à fait indépendants de la volonté de son auteur : bouchons, accidents, grèves. L'imprévu est à l'origine de ce modèle. Le résultat est néanmoins tout aussi amusant s'il est télévisé. Pour preuve, le malheureux Frédéric Taddei attendant avec désespoir Patrick Timsitt et meublant l'antenne face... à une chaise vide. Un mérité #7.
Temps 1 : je dis que je viens. Temps 2 : j'essaie de venir . Temps 3 : j'essaie à nouveau mais je n'y arrive vraiment pas. Conclusion : chaise vide.
Modèle 5 : "L'embrouille".
C'est le modèle que vient de créer avec brio Vincent Peillon. Il est tout à fait nouveau dans la mesure où dans ce cas, tout est prémédité, tout est calme mais tout doit rester surprise.
Reprenons. Temps 1 : je dis que je viens. Temps 2 : je sais que je n'irais pas et je ne le dis pas, sinon c'est pas du jeu. Temps 3 : je ne viens pas. Conclusion : Chaise vide.
On peut également pour parfaire ce modèle faire porter un petit courrier dans lequel on demande la démission de ses hôtes. Entrée directe à la position #5.
Allez compléter le classement et enrichissez-le si certaines chaises vides de renom nous ont échappées!
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